Caisse d'Epargne

Une étude de la Caisse d’Epargne analyse l’évolution du modèle des TPE

Alain Tourdjman, directeur Etudes, Veille et prospective de BPCE. Photo : DR

Alain Tourdjman, directeur Etudes, Veille et prospective de BPCE. Photo : DR

En s’appuyant sur les données récoltées ces 15 dernières années par la FCGA*, la direction Etudes, Veille et prospective de BPCE a réalisé une analyse inédite qui met en évidence une transformation du modèle économique de la TPE.

Son Directeur, Alain Tourdjman nous livre les grandes tendances de cette mutation.

L’étude que vous avez réalisée s’intitule « Un nouveau modèle de TPE » ; en quoi consiste ce nouveau modèle ?

Alain Tourdjman : En premier lieu, il se caractérise par un chiffre d’affaires moyen en baisse qui ne témoigne pas tant d’une chute de l’activité, que d’un changement d’échelle des TPE : alors que, jusqu’en 2001, l’effectif moyen des TPE adhérentes à un centre de gestion agréé était de 3,2 salariés, il est désormais de 2,4. On assiste donc au triomphe de la micro-entreprise, ce que confirment les données de l’Insee : sur un accroissement du parc d’entreprises de 560 000 unités entre 2000 et 2008, plus de 510 000 comptent 0 salarié. Dans un même temps, nous avons constaté une forte montée des charges externes qui traduit à la fois le renchérissement des charges contraintes (énergie, loyer…) et un changement dans le mode d’exploitation des TPE. Elles sont en effet de plus en plus nombreuses à externaliser certaines tâches, à recourir au crédit-bail ou encore à plébisciter les nouveaux modes de télécommunication.

Les charges de personnel sont-elles elles également concernées par cette hausse ?

A. T. : Tout à fait, et cela est d’autant plus paradoxal que, nous venons de le voir, l’effectif moyen a diminué de près d’un quart. Cette hausse des charges témoigne de l’augmentation générale des salaires (notamment du Smic horaire), mais pas uniquement. Depuis 2006, on constate en effet une forte hausse des charges qui correspond à la mise en place du statut du conjoint, et donc à sa salarisation. Simultanément, les exploitants se montrent de plus en plus préoccupés par leur protection sociale et choisissent d’augmenter leurs contributions, notamment pour la retraite.

Les résultats courants restent toutefois stables et la performance économique des TPE n’a pas été entamée par la hausse des charges. Comment expliquez-vous cette belle rentabilité ?

A. T. : Elle repose sur deux éléments : la baisse record des frais financiers et la réduction des dotations aux investissements. Au-delà de cette explication, il est intéressant de noter que les entrepreneurs ont su trouver des solutions leur permettant  d’équilibrer ce nouveau modèle en dépit de l’accroissement des charges.

Pensez-vous que ce modèle puisse être pérenne ?

A. T. : La baisse des taux d’intérêt et des dotations ne sont plus extrapolables au-delà de 2010. Le pouvoir d’achat du résultat courant étant déjà sous pression, les TPE devront agir sur de nouveaux leviers : baisse des charges, productivité, emploi, investissement. La prochaine décennie nous le dira. Une chose est sûre, et les dix années passées nous l’ont prouvé : on peut faire confiance à la capacité d’adaptation des exploitants de TPE.

*Fédération des centres de gestion agréés

Pour en savoir plus :

Le site de la FCGA :

http://www.fcga.fr/pages/accueil/accueil.php

Les commerces de proximité, quels sont-ils ?

L’INSEE a dressé un état des lieux du commerce de proximité en France au 1er janvier 2008. Ainsi, on comptait 600 000 commerces de proximité sur un total de 830 000, soit 72% des commerces. Un nombre en légère augmentation depuis 2002. Cependant, ils sont de moins en moins présents dans les campagnes. Les commerces de proximité emploient 1 200 000 salariés, soit la moitié des salariés du commerce. Quant au chiffre d’affaires, il est 2,5 fois moins élevé que celui d’un autre commerce.

Pour en savoir plus, téléchargez l’étude de l’Insee : http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?ref_id=ip1292

26 août 2010

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