Le salon des micro-entreprises s’est bouclé jeudi 8 octobre avec un fort sentiment de satisfaction. Outre le nombre important de visiteurs venus durant ces trois jours, c’est la dynamique impulsée par le régime de l’auto-entrepreneur qui a marqué cette 11 ème édition.
L’auto-entrepreneuriat
A l’image de Mikael Pedra, qui a remporté le Premier prix du Trophée de l’auto-entrepreneur avec la création de son activité de fabrication de volants pour les jeux de simulation automobile virtuelle, ce nouveau régime permet de se lancer de façon sérieuse dans l’entrepreneuriat. Un constat confirmé par le témoignage de Delphine Sacchet, créatrice de ZAAS et nominée lors du Trophée.
Les lauréats 2009 du trophée de l’auto-entrepreneur:
- Premier prix : Mikael Pedra, créateur de « Sirmika Wheel Adaptation ».
- Le prix de la Mom’preneur de l’année : Anastasia Smidtas, créatrice de Camera contact, opérateur de téléprésence sociale
- Prix Médicis des micro-entreprises : Pierre-Etienne Roinat, créateur de « MONEXTEL.COM », une solution de e-commerce gratuite qui permet de recycler les vieux téléphones portables au profit d’associations.
L’auto-entrepreneuriat, un test avant de se lancer dans le grand bain
Nominée lors du Trophée de l’auto-entrepreneur, Delphine Sacchet, fondatrice de ZAAS, nous explique le cheminement qui l’a menée vers l’auto-entrepreneuriat.
Après des études d’agronomie, Delphine Sacchet est devenue conseillère d’entreprise dans le domaine agricole. C’est cette expérience qui l’a décidée à se lancer de façon progressive dans le monde de l’entreprise.
Que proposez-vous aux entreprises ?
D. S. : ZAAS (Zimbra As A Service) met à disposition de ses clients une solution collaborative clé en main répondant à tous les besoins de communication des entreprises.
Quelles ont été les premières étapes du lancement de ZAAS ?
D. S. : Avant de créer le service ZAAS, j’ai réalisé une étude de marché. D’autre part, le retour d’expérience de Denis Sacchet, mon mari, travaillant souvent avec des TPE et PME, confirme que les offres à destination de ce type de structures sont rares ou inexistantes, alors que celles-ci sont demandeuses. J’ai également réalisé un prévisionnel afin de m’assurer que le statut d’auto-entrepreneur pouvait convenir à ZAAS et que le prix proposé aux PME était le plus juste.
Votre activité a-t-elle pris son envol ?
D. S. : L’activité a pris son envol depuis la fin de l’été. Les premiers contrats ont été signés et sont en production à ce jour.
Quels sont vos prochains objectifs ?
D. S. : Si l’activité continue à prospérer comme aujourd’hui, un passage en société est prévu d’ici un an.
En quoi le statut d’auto-entrepreneur vous a-t-il été utile ?
D. S. : Ce statut a permis à ZAAS de démarrer sereinement et rapidement en mars 2009. C’était un moyen de valider l’intérêt de l’activité avant le montage en société à moindre risque et à moindre coût.
Que retirez-vous de cette expérience ?
D. S. : L’auto-entrepreneuriat est un moyen efficace de tester une idée avant de se lancer dans le « grand bain » en limitant les risques. Ce statut ne peut tout de même pas convenir à toutes les activités et n’est intéressant que si les charges de l’entreprise sont peu importantes.
Quels conseils donneriez-vous à ceux qui souhaitent se lancer dans l’auto-entrepreneuriat ?
D. S. : Étudiez bien tous les aspects de votre projet et les évolutions possibles, réalisez des prévisionnels avec l’aide de votre conseiller bancaire et des études de marché. Croyez en vos idées et lancez-vous mais avec prudence.
Bilan de l’auto-entrepreneuriat après sa première année d’existence
Ciel présente le tout premier Baromètre de l’auto-entrepreneur basé sur une étude réalisée mi-septembre 2009. Il révèle que ce régime, qui suscite un véritable engouement (près de 300 000 auto-entrepreneurs en moins d’un an), ne règle cependant pas tous les problèmes.
Qui sont les auto-entrepreneurs ?
L’auto-entrepreneur type est un homme (77 %) de 40 ans. Il est expérimenté (60 % d’entre eux ont une expérience professionnelle de plus de 10 ans et 2/3 ont un métier dans les services), mais ne prépare pas toujours très bien son activité (62 % n’ont pas fait d’étude préalable de leur activité).
Quelles activités sont concernées ?
- Prestation de service : 65 %.
- Vente : 13 %.
- Vente et prestation de service : 22 %.
Les problèmes rencontrés
- 43 % ont des problèmes pour trouver des clients.
- 19 % éprouvent des difficultés pour définir des tarifs.
- 80 % souhaitent être épaulés dans les diverses démarches.
- Beaucoup d’entre eux souhaitent une facilitation de l’enchaînement vers la création d’une société ou d’une entreprise individuelle immatriculée au RCS ou RM.
Attention… Malgré les simplifications apportées par ce régime, l’auto-entrepreneur qui souhaite développer son activité doit avoir des compétences précises, gérer sa clientèle, organiser son travail, assurer et financer son activité…
Limites et perspectives de l’auto-entrepreunariat
Lors du Salon des micro-entreprises a eu lieu la conférence « 2009, année de l’auto-entrepreneur : chronique d’un succès et perspectives d’évolution ».
En présence d’Hervé Novelli, secrétaire d’État au Commerce, à l’Artisanat, aux Petites et Moyennes entreprises, au Tourisme, aux Services et à la Consommation, les spécialistes de l’entrepreneuriat ont établi un bilan de ce nouveau régime, après sa première année d’existence. Loin d’en rester au succès de son lancement, les intervenants se sont centrés sur les limites du régime et ont énoncé plusieurs pistes d’amélioration à venir.
Comment obtenir un financement ?
Éric Groslier, directeur adjoint de la banque de détail des Caisses d’Épargne, explique aux créateurs d’entreprise comment obtenir un financement.
Malgré la crise, la Caisse d’Épargne a débloqué plus de deux milliards d’euros de financement pour la création d’entreprise (+ 5 % par rapport à 2008).



